Page La société ; Programme 2010

 

Le Programme

 

Résumés des communications de l’année 2011

 

 

 

 

Mercredi 19 Janvier

Présentation des services de la Direction Régionales des Affaires Culturelles (DRAC):

-Archéologie ; -Monuments Historiques ; -Musée ; -Inventaire.

Compte-rendu d'activité présenté par madame Anne-Marie COTTENCEAU, conservateur du patrimoine archéologique.

Bilan des activités de l'année 2010.

Archéologie programmée :

11 opérations :

Fouilles à Mauléon, Prissé la Charrière, Rom, Saint-Génard et Viennay.

Projets collectifs de recherche : interface moustérien seuil du Poitou, faciès céramique et productions paléo métallurgiques (Melle).

Prospection thématique : sidérurgie antique dans la cité des Pictons.

Deux publications concernant Rom et le dolmen de Saint-Léger de Montbrun.

Archéologie préventive :

330 dossiers d'urbanisme ont été instruits, 27 faisant l'objet d'un diagnostic archéologique, soit 8%.

Sur 8 fouilles préventives prévues, 5 ont été prescrites mais non réalisées à ce jour.

Les 8 fouilles concernent les sites d'Epannes (fosses de l'âge du bronze renfermant des céramiques et des ossements), Niort (site de Bessac correspondant au Niort gallo-romain avec réoccupations médiévales et plus récentes), Aiffres (site couvrant 15 hectares avec occupations protohistoriques, antiques et médiévales), Faye sur Ardin (occupation médiévale) et Usseau (site gallo-romain).

Prévisions de fouilles préventives au cours de 2011 :

Thouars (église Saint-Médard), Coulon (site gaulois des grands Prés), Cerizay (site du parc de Gondromère), Niort (donjon) et Echiré (château du Coudray-Salbart).

Des repérages ont été réalisés sur le parcours de la future LGV à Rom et Vanzais notamment.

Une exposition des résultats des fouilles menées au parking du moulin du Milieu à Niort sera mise en place avec la collaboration de plusieurs partenaires dans le courant de l'année et ouverte au public en 2012.

 

Service des Monuments historiques : madame COTTENCEAU transmet les informations suivantes :

Bilan des activités de l'année 2010 :

47 opérations ont été réalisées sur des monuments ou des espaces protégés pour un montant de 247 200 euros,  notamment au château de La Roche-Faton à Lhoumois (toitures), au château de Mursay à Echiré (étude de consolidation), au château de Marie de La Tour d'Auverne à Thouars, au château du Coudray-Salbart à Echiré (tour de Boisbertier) et à l'ancien hôtel des abbesses de Sainte-Croix à Vasles (restauration des charpentes et couvertures).

Programme de l'année 2011 :

Poursuite des travaux à Thouars et au Coudray-Salbart, interventions au château de La Chapelle-Bertrand et à l'église de Vaussais.

Michel Montoux.

 

Mercredi 16 février

Assemblée Générale et élections.

Présentation des Services de l’Architecture des Bâtiments de France (ABF), des Archives Départementales des Deux-Sèvres et des Antiquités et Objets d’art.

 

Assemblée générale annuelle

Le président rappelle les activités de la société au cours de l'année passée puis présente celles de l'année 2011 et passe la parole au président de la Fédération départementale qui donne un aperçu de la vie de celle-ci. Le trésorier soumet à l'approbation de l'assemblée le bilan financier qui fait apparaître une situation saine mais aussi les difficultés croissantes pour la maintenir sans subventions plus importantes. L'assemblée passe ensuite au vote pour le renouvellement du tiers sortant du conseil d'administration: tous les membres sortants sont réélus et madame Saint-Martin, seule candidate nouvelle, est élue.

 

Bâtiments de France

 Monsieur l'architecte dresse le bilan des activités de ses services au cours de l'année 2010: 2500 avis ont été donnés, un seul édifice nouveau a été inscrit à l'inventaire, le château du Teil. Les grosses réparations ont fait l'objet de 20 opérations, les investissements de 15. Ont été particulièrement concernés les châteaux de Saint-Loup, de l'Herbaudière de Saivres, de la Villedieu de Comblé, de Saint-Mesmin, de Coulonges sur l'Autize, de l'Ebaupinay, l'abbatiale de Saint-Maixent l'Ecole, les églises de Mauléon et de Saint-Hilaire de Melle et une chapelle à Chiché, l'hôtel Tyndo de Thouars et un hôtel particulier, la Villa rose et la maison du Gouverneur à Niort, la tour des gardes à Parthenay, les halles de Coulonges sur l'Autize et la ZZPPAUP d'Argenton les Vallées. Pusieurs documents photographiques illustrent la présentation de ces travaux.

 

Archives départementales

Madame la directrice présente d'abord le bilan des activités de l'année 2010: collecte d'archives publiques auprès des services de l'Etat (Préfecture et direction de l'Equipement), fonds notarial de Brion et classement de fonds concernant le Marais poitevin et la collecte de fonds privés, notamment de celui de la chamoiserie Rousseau; elle donne quelques précisions sur le site Internet qui a connu une fréquentation soutenue avec la mise en ligne de l'Etat-civil jusqu'en 1902 et des recensements de 1811 à 1936 et rappelle les différentes actions menées auprès du public et des scolaires: conférences (Eaux et paysages le protestantisme en deux-Sèvres et la Résistance en Deux-Sèvres), expositions (l'eau et la publicité en Deux-sèvres) et publications (Imprimerie Chiron , Marie-Madeleine Davy, philosophe, les archives font leur publicité). Pour terminer elle précise la participation des Archives départementales aux journées du patrimoine avec conférences et ateliers découvertes.

 

Madame la directrice présente ensuite les projets qui devraient être menés à bien en 2011: reprise des instruments de recherche, classement des séries U et M, celle-ci déjà commencée, numérisation des cahiers de doléances et mise en ligne d'une collection de 4 000 cartes postales et des registres matricules de militaires, deux conférences, une exposition, la réalisation d'un livret pédagogique sur l'affaire Dreyfus à travers la presse et un concours d'affiches réservé aux scolaires.

 

Antiquités et objets d'art

Mesdames Géli et Cavaillès, après avoir indiqué qu'une seule commission pour la protection des objets mobiliers avait concerné les ornements religieux, montrent à l'aide d'une série de photographies une grande partie des 73 pièces qui ont été protégées, précisant la matière employée, la symbolique des ornementations et la signification des couleurs et appellent chacun à veiller à la protection du patrimoine. Elles proposeront au cours de la présente année la protection de gros objets mobiliers, retables, pierres tombales, corbillards et d'une pompe à bras.

 

Michel Montoux

 

Mercredi 16 mars

Jean-Louis Allain-Launay

« L’aventure d’une famille de colporteurs : Les Baille-Barrelle vers le Poitou. »

 

Originaire du Lauzet, hameau situé au pied du col du Lautaret, la famille Baille-Barrelle appartient à une population aux conditions de vie difficiles qui doit multiplier les activités pour survivre. Certains habitants ont l'habitude de quitter la localité pendant les mois d'hiver pour exercer divers métiers: ils sont instituteurs ou colporteurs notamment. Le colportage concerne trois domaines, le textile, les plantes et les livres. Proches du Piémont-Savoie, les natifs du Lauzet font aussi office de guides pour les voyageurs et commerçants qui veulent franchir la frontière et se livrent parfois à la contrebande.

 

En 1786, Honoré Gendron crée au Monétier une filature de coton équipée de mule-jennys dans laquelle entre François Baille-Barrelle qui en 1793 épouse une fille de son patron. Le couple aura sept enfants. A la suite de difficultés, la filature cesse ses activités au début de la Restauration. François Baille-Barrelle se tourne alors vers le colportage des soieries et trouve en Poitou une clientèle dont le niveau de vie augmente. A la suite d'une première expédition profitable en 1816-18, il en organise d'autres, chacun de ses trois fils le secondant dès qu'il atteint ses vingt ans.

 

L'aîné, François, devient le chef de famille après la mort du père en 1826. Tous les trois s'installent définitivement à Niort en 1834 et achètent un magasin. La baisse des prix consécutive à l'accroissement de la production favorise leur commerce jusqu'en 1873. 

 

Le plus jeune des trois fils, Louis, a épousé une demoiselle Ralet de Saumur: le couple a trois enfants dont deux participent à la guerre de 1870-71 au sein des Mobiles des Deux-Sèvres. Leurs études de droit terminées, ils secondent leur père au sein de la banque qu'il vient de créer et qui cessera d'exister en 1907.

 

En-dehors de leur activité professionnelle, les deux aînés oeuvrent dans le domaine économique et social, se livrant à un important bénévolat: Paul est, entre autres,  ordonnateur de l'hôpital-hospice de Niort, administrateur de la Caisse d'épargne et président de la Société d’horticulture. Il meurt en 1920. Jules participe à la conférence Boncenne en 1880, est juge au tribunal de commerce qu'il préside à trois reprises et, conseiller municipal de 1888 à 1896, fait beaucoup pour la construction du lycée de jeunes filles. En 1900, il participe à la fondation de la Chambre de commerce dont il est le vice-président jusqu'à son décès en 1936. Il soutient aussi son frère Henri et son épouse Jeanne, présidente de la républicaine Union des femmes de France qui crée un hôpital militaire pendant la Grande Guerre. Il s'intéresse à l'administration de la bibliothèque municipale, préside l'association des anciens élèves du lycée Fontanes et appartient à la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, signant plusieurs articles et rédigeant en collaboration avec le professeur Le Bret un ouvrage consacré aux Mobiles du département. Ses multiples activités l'amènent à fréquenter les notables républicains niortais, Boinot, Clouzot, Largeau, Gélin en particulier.

 

Michel Montoux

 

Samedi 16 avril 2011

Visite pérégrine Thierry Crépin-Leblond,

« Architecture et sculpture de la Renaissance. »

 

Une quarantaine de personnes ont participé à la sortie d'une journée. Monsieur Crépin-Leblond, conservateur du musée d'Ecouen et spécialiste de la Renaissance a bien voulu les faire profiter de son savoir. Contrairement aux tenants de la vision traditionnelle d'un art importé d'Italie à l'occasion des guerres menées par Charles VIII, Louis XII et François Ier, il estime qu'il existe une Renaissance française directement inspirée de l'Antiquité. Par une lecture très fine et très pédagogique de trois monuments deux-sévriens, la collégiale de Saint-Marc la Lande, la chapelle rompue de Fenioux et le château de Coulonges sur l'Autize, il met en évidence des témoignages de cette Renaissance, ténus dans le premier à la fin du XVe siècle, plus nombreux dans le deuxième à peine postérieur à 1500 et abondants dans le dernier construit en deux temps dans la première moitié du XVIe.

Monsieur le maire de Coulonges a tenu à saluer les participants à cette journée particulièrement riche, tandis que le président de la SHSDS remerciait chaleureusement monsieur Crépin-Leblond et son épouse de leur brillante intervention.

Michel Montoux

 

Mercredi 20 avril 2011.

M. Maurice Moinard

« Claude Durand, compagnon d'exil de Victor Hugo. »

 

Après avoir rappelé les origines foréziennes de Claude Durand, monsieur Moinard évoque avec force anecdotes la vie de ce personnage né le 26 décembre 1801 à Mauzé sur le Mignon. Après avoir fait un apprentissage de tonnelier, le jeune homme se tourne vers la production et la commercialisation de vin et, grâce à l'aisance financière dont il jouit, peut afficher ses convictions républicaines sans crainte.

En 1842, il écrit, en hommage à son compatriote René Caillié, une chanson qui lui vaut une certaine célébrité locale; elle lui permet d'être élu conseiller municipal puis d'être nommé maire lors de la Révolution de 1848. Ses opinions montagnardes provoquent sa révocation par le préfet un mois plus tard et il échoue à se faire élire député sur la "liste ouvrière et sociale".

Le Chant des Vignerons qu'il compose alors paraît suffisamment subversif aux autorités pour que quatre jeunes gens qui l'ont chanté dans les rues soient inculpés de même que Amy,  le directeur de l'Oeil du Peuple qui l' a reproduit dans son journal et l'auteur lui-même. Tous sont acquittés et la popularité de Claude Durand en est augmentée. A la suite du coup d'Etat du 2 décembre 1851, il est condamné à la déportation à Cayenne mais parvient pendant quatre mois à échapper aux recherches grâce à sa femme, en se dissimulant, dit-on, dans un cuveau de ses chais. Il peut ensuite gagner Jersey où, avec d'autres bannis, il accueille le 5 août 1852  Victor Hugo devant qui il interprète son Chant des Vignerons dont le grand proscrit salue la portée.

Profitant de la loi d'amnistie, Claude Durand rentre à Mauzé en 1855 où il reste surveillé. Il continue à composer des vers dans lesquels il vante la science, le progrès et l'éducation et rédige à la mort de son épouse une longue épitaphe exprimant sa reconnaissance avant de composer la sienne propre. Il décède en 1896, toujours admirateur de Victor Hugo qui l'a précédé dans la tombe.

Pour illustrer les propos du conférencier, monsieur Soulisse interprête le Chant des Vignerons mis en musique par André Pacher tandis que monsieur Guérin en donne une autre version transmise dans sa famille.

Michel Montoux

 

Séance du 15 juin 2011.

M. Alain Dalençon :

 

Un forçat ordinaire condamné par la cour d'assises des Deux-Sèvres en 1830, François Dallançon.

 

Le conférencier précise d'abord comment il en est venu à s'intéresser à ce personnage : c'est après des recherches généalogiques sur sa famille et la consultation du matricule du bagne de Rochefort qu'il a pu retracer le parcours de François Dallançon, parcours qu'il resitue dans son époque et qui révèle bien des aspects de la mentalité des classes dirigeantes d'alors.

 

Issu d'une famille paysanne de la région thouarsaise, François Dallançon naît à Bagneux en 1782, deuxième enfant du couple François Dallançon - Marie Blot. Orphelin de père à sept ans et de mère à seize, il entame une vie professionnelle difficile et instable, tour à tour teinturier, revendeur de peaux de laine et de peaux de lapin. On le trouve dans différentes localités des Deux-Sèvres et de Charente-Inférieure et vit en concubinage à une certaine époque à Drahé, près de Breloux. Il est au bas de l'échelle sociale, appartient par conséquent à la classe qui fournit le plus de délinquants aux yeux des notables.

 

De fait, il est condamné en 1820 à cinq ans de réclusion qu'il accomplit à Fontevrault pour avoir volé dans un champ, à Clavé, quatre boeufs avec l'intention de les vendre au marché de Parthenay. Après avoir donné un faux nom, il finit par avouer.

 

Libéré en 1825, il reprend sa vie  de "petits boulots" et est arrêté en janvier 1830, accusé d'avoir participé à six vols en réunion, commis les deux années précédentes dans la région de Mauzé sur le Mignon. Enfermé au donjon de Niort, il tente de s'évader mais se casse les deux jambes; sa tentative constitue aux yeux de la justice une forme d'aveu et comme il est récidiviste le verdict est sévère: les travaux forcés à perpétuité.

 

Si l'on ignore précisément son sort au sein du bagne de Rochefort, on sait que les conditions d'existence y sont particulièrement difficiles et que la mortalité y est très forte. Rien d'étonnant donc à ce qu'il meure dès le 29 août 1832 à l'hôpital maritime de la ville.

Michel Montoux

 

Mercredi 21 septembre

Louis Nerrière

« Naissance d’une mutuelle florissante, la Macif, dont le président-fondateur est Jacques Mathé. »

 

Le conférencier s'attache à définir, à partir des archives familiales, le rôle joué par Jacques Mathé dans la création et le développement d'une mutuelle niortaise, la MACIF.

 

Né le 27 décembre 2011 à Niort, Jacques Mathé commence dans sa ville natale des études qu'il poursuit à l'école des Ponts et Chaussées. Il participe à la Résistance, effectue ensuite un stage d'un an aux Etats-Unis pour apprendre à piloter, appartient pendant deux ans à la base aérienne de Bordeaux mais quitte l'armée en 1848 pour reprendre la direction de l'entreprise familiale de vente de combustibles.

 

En 1958, alors que l'assurance automobile est devenue obligatoire, il commence à réfléchir à la création d'une mutuelle ouverte aux membres de l'industrie et du commerce sur le modèle de la MAAIF et de la MAAF. L'année suivante, il rencontre Jacques Vandier et un partage des tâches s'effectue entre les deux hommes : tandis que le second étudie l'aspect technique, le premier prospecte afin de réunir les 500 premiers sociétaires. A la suite d'une réunion d'information tenue à l'hôtel de ville de Niort, le 13 juin 1959, avec l'appui financier de la MAAIF qui consent un prêt d'un million de francs garanti par la municipalité, la MACIF est fondée officiellement le 30 avril 1960. Treize administrateurs sont désignés et Jacques Mathé devient le président, Jacques Vandier étant directeur général.

 

En 1964 un accord intervient entre la MACIF et la MAAF qui met son réseau national de bureaux à la disposition de sa cadette et en 1966 est abandonné le siège social provisoire sis au 101 rue de Goise au profit du nouveau installé au 224 avenue de La Rochelle.

 

Le 30 avril 1970, la mutuelle peut fêter son dixième anniversaire. D'abord cordiaux, les rapports entre les deux hommes vont se tendre à partir de ce moment, le directeur général dénonçant les insuffisances du président ; une commission créée pour clarifier la situation ne parvient pas à apaiser les tensions qui s'intensifient en 1972 et le Conseil d'administration se divise. L'assemblée générale tenue à Lille le 10 avril 1973 est houleuse, des délégués ont le sentiment qu'ils expriment dans des courriers adressés à Jacques Mathé que son adversaire, qui a rallié à sa cause les syndicats, cherche à l'évincer par des moyens peu orthodoxes et, effectivement Jacques Mathé perd la présidence. Deux ans plus tard, il est révoqué du Conseil d'administration en même temps que David, et cesse d'être sociétaire.

 

En 1976, il tente de mettre sur pied une nouvelle mutuelle, la FRAM, mais échoue en dépit de la qualité de son dossier.

 

En conclusion, le conférencier qui a voulu montrer le rôle de Jacques Mathé dans la naissance de la MACIF, tient à souligner qu'elle fut le résultat d'une oeuvre collective.

 

Michel Montoux

 

Mercredi 19 octobre

Michel Montoux

« Sur les pas d’un auteur méconnu : Gabrielle Réval (1869-1938). »

Née à Viterbe (Italie) le 20 décembre 1869 d'un père officier, Gabrielle Logerot qui signera Gabrielle Réval, passe son enfance en Lorraine avant d'entrer en 1890 à l'Ecole normale supérieure de Sèvres. Nommée professeur au lycée de jeunes filles de Niort trois ans plus tard, elle n'y effectue qu'un court séjour et regagne la capitale en compagnie d'Emile Gaud de La Forterie dont elle a un fils en 1898 et qui décède en 1903. Peu après, elle se lie avec un diplomate argentin, Clemente José Paz avec qui elle fait construire la villa Mirasol au cap d'Ail. A nouveau seule après le décès de son compagnon, elle épouse en 1919, son filleul et lointain cousin Fernand Fleuret. Le couple connaît une existence parfois orageuse du fait d'un mari volage et fantasque qui doit être interné en 1938. Quelques semaines plus tard, Gabrielle Réval meurt à Lyon, chez son fils, le 15 octobre.

 

En 1900, Gabrielle Réval publie un roman "Les Sévriennes" évoquant son passage à l'Ecole de Sèvres qui cause un certain scandale puis, l'année suivante, "Un Lycée de jeunes filles" inspiré par son séjour à Niort. Suivent de nombreux ouvrages témoignant de son intérêt pour l'enseignement (Lycéennes, L'Evadée, la Bachelière...) ou, plus légers, auxquels les régions et pays qu'elle visite servent de cadres (Les camp-volantes de la Riviera, L'Infante à la rose, La Fontaine des Amours, L'Enchantement du Portugal...) Si ces ouvrages ne connaissent pas le succès de ses premiers, les conférences qu'elle prononce et qui donnent parfois lieu à des publications sont très suivies que ce soit en France ou à l'étranger.

 

Sa notoriété lui vaut d'appartenir à plusieurs jurys littéraires dont elle est souvent l'une des fondatrices, en particulier à ceux qui attribuent le prix Vie heureuse-Fémina, le prix George Sand et le prix des Wikings. Elle lui vaut aussi d'être élevée au grade de chevalier de la Légion d'honneur en 1927. Ses dernières années sont assombries par des soucis d'argent et de santé et par un certain désintérêt manifesté par les lecteurs. Si son style paraît aujourd'hui daté, ses premiers romans méritent qu'on les tire du semi-oubli dans lequel ils sont tombés.

Michel Montoux

 

Mercredi 16 novembre

Jean-Marie AUGUSTIN

« Georges Vacher de Lapouge (1854-1936), un Poitevin aux origines du racisme et de l'eugénisme. »

Monsieur AUGUSTIN commence par donner une biographie rapide de son personnage: Né en 1854 à Neuville du Poitou, Vacher de Lapouge, après des études de droit, est nommé en 1879 substitut à Niort puis procureur dans diverses villes avant d'être révoqué. Il devient en 1886 sous-bibliothécaire à l'université de Montpellier où il jouit de la réputation d'être un brillant entomologiste, obtient de donner un cours libre d'anthropologie puis est nommé bibliothécaire en chef de l'université de Rennes en 1893 et, sept ans plus tard, de celle de Poitiers où il achève sa carrière en 1923.

 

Vacher expose ses idées dans de nombreux articles et dans trois ouvrages publiés en 1896, 1899 et 1909. Il mêle l'anthropologie à la science politique pour déboucher sur un darwiniwme social qui le conduit à développer une théorie des races. En Europe, cadre de ses études, il distingue grâce à la crâniologie deux grandes races, les dolichocéphales des régions nordiques ou Homoeuropaus et les brachycéphales de l'Europe alpine ou Homoalpinus. Le métissage de l'Homocontractus de l'Europe méridionale avec une quatrième race disparue aurait abouti à l'Homoalpinus.

 

Alors que la sélection naturelle permet une amélioration des animaux, la société humaine s'est abâtardie par métissage, il faut donc procéder à une sélection qui permettrait de parvenir à une race pure de dolichocéphales grands, blonds, aux yeux bleus. C'est le sélectionnisme ou eugénisme.

 

Antisémite, Vacher se distingue des nazis en ce qu'il ne considère pas les Juifs comme une race inférieure de sous-hommes mais comme un groupe aux pratiques solidaires qui tend à se comporter comme une race dangereuse.

 

Les idées de Vacher de Lapouge sont rapidement combattues par la communauté scientifique française, mais elles rencontrent un grand succès aux Etats-Unis et surtout en Allemagne où elles sont reprises par Gunter, de l'université d'Iéna, qui veut développer un pannordisme étendu au monde entier et les nazis lui assurent une certaine gloire. Après 1945, elles sont abandonnées mais elles connaissent une résurgence plus ou moins insidieuse de nos jours.

Michel Montoux

 

Mercredi 21 décembre

Pierre Arches

« Les chemins de fer dans les Deux-Sèvres, de la conquête aux abandons, 1856-1980. »

Après avoir énoncé les raisons pour lesquelles il s'est intéressé à la question des chemins de fer dans le département, monsieur ARCHES donne une bibliographie rapide avant d'annoncer le plan de son étude.

 

Il rappelle que la construction du réseau en France résulte d'un compromis: l'Etat finance les infrastructures et concède la construction et l'exploitation à des compagnies qui disposent du monopole dans leur région.

 

A l'aide d'une série de cartes, il retrace ensuite les étapes de l'établissement du réseau ferré dans le département en précisant les freins qui ont pu le retarder et les facteurs de sa consolidation: de 1856 à 1887 les lignes sont construites, la première étant celle qui relie Paris à Niort puis à La Rochelle via Poitiers. Rapidement plusieurs se révèlent déficitaires, en raison notamment de la concurrence des autocars de la société Brivin après la Grande Guerre. Le même problème se posant sur le plan national, le ministère Chautemps en 1937 procède à la création d'une société mixte dans laquelle l'Etat est majoritaire, la SNCF.

 

Dès cette époque plusieurs lignes sont fermées ou menacées de fermeture mais la guerre stoppe le processus qui reprend après 1945: ainsi la ligne Niort-Fontenay est fermée en 1967 alors que la ligne Niort-Saintes est maintenue. En 1976, les menaces pesant sur les lignes qui desservent Parthenay, un Comité de défense du rail est créé, soutenu par de nombreuses municipalités et par le Conseil général. Son action est largement relayée par la presse mais elle ne peut empêcher la fermeture des lignes concernées en 1980, le département recevant en compensation cinq milliards de francs pour moderniser le réseau routier.

Michel Montoux