Page La société ; Programme 2010

 

Le Programme

 

Résumés des communications de l’année 2010

 

 

 

 

Mercredi 20 Janvier

Présentation des services de la Direction Régionales des Affaires Culturelles (DRAC):

-Archéologie ; -Monuments Historiques ; -Musée ; -Inventaire.

 

Compte-rendu d'activité présenté par madame Anne-Marie Cottenceau, conservateur du patrimoine archéologique.

Bilan de l'année 2009:

24 communes supplémentaires sont soumises au zonage, 300 dossiers d'urbanisme ont été instruits, 28 ont fait l'objet d'un arrêté de diagnostic archéologique, 5 fouilles ont été réalisées et 7 opérations ont été programmées.

Les 5 fouilles ont été menées à La Crèche (bâtiments agricoles et habitations gallo-romains), Melle (vestiges carolingiens et médiévaux), Saint-Martin-lès-Melle (2 puits de mine fouillés jusqu'à -18 mètres), Echiré (vestiges du premier château du Coudray-Salbart) et Niort (Moulin du Milieu riche en mobiliers de diverses époques, rue de la Boule d'or et rue de Fontenay).

Activités programmées en 2010:

Melle: poursuite des recherches sur la production des mines d'argent, Prissé-la Charrière (fouille du tumulus C de Péré), Saint-Léger de Montbrun (fouilles de Puyraveau), Saint-Génard (prieuré). A ces activités s'ajouteront des prospections concernant la métallurgie antique en Vienne et Deux-Sèvres et un projet de recherches sur la céramique.

 

Madame Cottenceau communique le programme des travaux projetés par le service des monuments historiques après avoir rappelé que Parthenay est devenue secteur sauvegardé tandis que les villes de Melle, Niort, Thouars et Saint-Loup-Lamairé sont devenues ZPPAUP et que des réparations sur des bâtiments non-Etat ont été faites au château de Saint-Mesmin, au cloître de Saint-Jouin-de Marnes et aux remparts de Parthenay.

Sont prévues des interventions au château de La Chapelle-Bertrand, au pigeonnier d'Exoudun, au château de Mursay, à Thouars, à l'abbaye d'Airvault, à l'église d'Allonne, à l'église Notre-Dame de Niort, à la porte Chalon et à l'abbatiale de Saint-Jouin de Marnes. Eventuellement d'autres pourraient concerner les sites d'Airvault, du Coudray-Salbart, de Saint-Médard de Thouars et de la casene Du Guesclin de Niort.

 

Michel Montoux

 

Mercredi 17 février

Assemblée Générale et élections.

Présentation des Services de l’Architecture des Bâtiments de France (ABF), des Archives Départementales des Deux-Sèvres et des Antiquités et Objets d’art.

 

Assemblée générale annuelle.

Rapport moral du président: la société compte environ 200 adhérents; une trentaine en moyenne ont assisté aux dix séances annuelles au cours desquelles ont été faites huit communications et a été dressé le bilan des services départementaux invités. Par ailleurs la société a participé à trois manifestations: journées du patrimoine, forum des associations et journées de la généalogie.

Rapport financier présenté par le trésorier. La situation financière de la société est saine mais le coût des publications et de leur envoi représente un important poste de dépenses. On regrette la disparition de plusieurs subventions habituellement accordées.

Ces deux rapports sont adoptés à l'unanimité des membres présents.

Renouvellement du tiers sortant du conseil d'administration. Tous les membres sont réélus.

 

Archives départementales: madame la directrice dresse le bilan de l'année 2009 : collecte de 400 ml d'archives publiques provenant en particulier des juridictions supprimées et des "anciens" services de l'Etat et classement du fonds des monuments historiques 9T15. Collecte de deux fonds privés importants, celui de la CAMIF et celui du CERDO et de documents divers. Par ailleurs ont été organisées deux expositions consacrées à "La justice en Deux-Sèvres" et à "La conquête de l'eau" qui ont donné lieu à des publications et deux conférences ayant pour sujets "Du gendarme au juge d'instruction" et "Moines et abbayes au Moyen-Age en Bas-Poitou" qui ont connu un succès certain. La numérisation des registres matricules militaires (1867-1936) a été réalisée et l'on a constaté une forte fréquentation du site internet. Enfin un dossier pédagogique sur "La Révolution en Deux-Sèvres" a fait l'objet d'une publication.
Madame la directrice présente ensuite les objectifs fixés pour la présente année. Sont prévus le début de l'archivage électronique des fonds, des visites et inspections dans les chefs-lieux de cantons et communautés de communes, la mise en ligne de registres de l'état-civil qui ne l'avaient pas été dans un premier temps et des recensements de population, la préparation de deux conférences en mai et septembre (Eau et paysages et le protestantisme en Deux-Sèvres) et d'une exposition  sur la publicité à l'automne et la confection d'un livret pédagogique consacré à l'affaire Dreyfus à travers la presse. Sont aussi programmées trois visites commentées de l'exposition sur l'eau et l'ouverture de l'exposition trois dimanches.

 

Bâtiments de France: Monsieur l'architecte rappelle d'abord les changements intervenus dans l'organisation administrative de son service et dans ses missions, en précise l'importance  et fait le bilan des actions menées en 2009 et de celles qui sont envisagées Aux quatre ZPPAUP existantes (Melle, Niort, Saint-Loup-Lamairé et Thouars) doivent s'en ajouter une dizaine d'autres dans les mois à venir. Des opérations de restauration de bâtiments privés ont été suivies dans tout le département comme en témoigne la projection des nombreuses photos commentées.

 

Conservation des Antiquités et des Objets d'art: Madame Géli qui assure l'animation de ce service avec madame Cavaillès rappelle d'abord ses missions: recenser, documenter, protéger et surveiller les oeuvres d'art de toutes natures présentant une valeur historique, artistique ou scientifique et précise que 47% des objets protégés en Deux-Sèvres sont inscrits et 53% classés. Elle présente ensuite les 31 objets protégés en 2009 après la visite de 27 communes concernant patrimoine industriel, sculpture, peinture, mobilier, orfévrerie, lapidaire et objets de piété. Elle termine son exposé en regrettant la disparition et les conditions déplorables de conservation de nombreux objets et en annonçant le projet de former et sensibiliser élus et particuliers et de publier afin de mieux faire connaître le service.

 

Le président salue la qualité des actions menées par les différents services et assure que la Société historique s'attache à relayer leurs actions.

 

Michel Montoux

 

Mercredi 17 mars

Vincent Mannic

« Entre Tradition et modernité, les halles dites Baltard de Niort. »

 

Après avoir montré que l'édifice est remarquable tant par l'époque de sa construction que par ses dimensions et son emplacement au coeur de la ville, ce qui lui a valu d'être inscrit à l'Inventaire en 1987, monsieur MANNIC fait un bref rappel historique: l'édifice construit de 1867 à 1871 a succédé à une première halle construite sur la colline Saint-André, puis à une beaucoup plus vaste occupant l'actuelle rue Victor Hugo et enfin à une troisième édifiée sous le premier Empire à l'emplacement de la rue Brisson. Cette dernière se révèle rapidement trop petite et insalubre mais il faut attendre le Second Empire pour que le maire Monnet décide de faire construire un nouveau bâtiment mieux adapté à l'importance des marchés et plus salubre. Le choix d'un emplacement fait débat entre partisans d'une construction rue Victor Hugo et ceux d'un édifice proche du Donjon. Ces derniers l'emportent, l'emplacement bénéficiant de sa position centrale au carrefour des quatre paroisses et d'un accès facile par les rues et le port; en outre la proximité des chamoiseries induit de nombreux passages. 27 projets sont déposés, 8 sont présélectionnés et c'est celui de l'architecte municipal Durand, ingénieur de formation, qui est retenu. Son projet consiste à édifier des halles à deux niveaux: un soubassement nécessairement en pierre vu l'instabilité du terrain, surmonté d'une structure métallique s'inspirant largement des halles de Baltard récemment construites à Paris. Ce choix permet d'envisager un édifice de grandes dimensions (2 000m2), les piliers en fonte permettant un gain de place par rapport à des colonnes en pierre et la charpente métallique offrant la possibilité d'une plus grande portée qu'une charpente en bois traditionnelle. De plus les structures métalliques sont plus rapidement installées.

 

Quatre entreprises réalisent les travaux: Aubert frères qui construit la partie basse, Bataille et Périsse qui se chargent de la partie haute et confient la fabrication des piliers à deux fondeurs dont le niortais Guérin. La ville doit emprunter pour financer une dépense qui s'élève finalement à 456 000 francs.

 

L'édifice conjugue deux styles, plutôt classique pour le soubassement et résolument moderne pour la partie haute. Il se divise en trois parties: près de la Sèvre la halle aux blés sur laquelle il n'y a pas de partie haute et qui peut donc être soutenue par des piliers en fonte avec des voûtes en brique, puis le secteur des étals au-dessus des réserves et une rangée de boutiques le long de la rue Brisson. Quatre escaliers permettent la communication entre les deux niveaux. Le haut corps central est flanqué de deux bas-côtés 80. colonnes supportent la charpente, les espaces intermédiaires étant réalisés en brique avec ouvertures au-dessus, toujours dans le souci d'obtenir le maximum de place. La cohésion de la charpente est assurée par des sortes de gros câbles.

 

L'architecte se préoccupe de l'hygiène: l'approvisionnement en eau est assuré par un ensemble de bornes-fontaines dont la plus importante est au centre de l'édifice: les étals des poissonniers et des bouchers sont prévus dans la partie centrale. L'écoulement des eaux usées s'effectue sur un sol asphalté légèrement en pente tandis que les eaux de pluie s'évacuent par les colonnes creuses. La ventilation est assurée par des ouvertures zénithales et des persiennes.

 

Durand se soucie aussi de la décoration: le verre donne un bel effet de miroir, le mariage de la brique, de la pierre et du bleu des piliers évite la monotonie, les piliers sont surmontés de chapiteaux, l'entourage est fait de balustrades ajourées. La façade côté ville est agrémentée d'un fronton triangulaire: l'horloge est encadrée par Hermès, symbolisant le commerce et Cérès, déesse de l'agriculture et surmontée par les armes de la ville. Enfin un escalier monumental permet l'accès à l'ensemble.

 

Les maraîchers installés à l'extérieur se plaignant d'être victimes des intempéries, la municipalité finit par faire ajouter de chaque côté du bâtiment initial deux marquises en 1927.

 

Telles qu'elles se présentent aujourd'hui, les halles de Niort sont l'une des rares halles de type Baltard de la fin du Second Empire encore préservées.

Michel Montoux

 

Mercredi 21 avril

Guy Fourré

« Les ascendants et descendants du vice-roi de la Plata, Jacques de Liniers (1753-1810). »

 

Une importante cérémonie destinée à commémorer le bi-centenaire de la mort de Jacques de Liniers, niortais devenu vice-roi de la Plata, réunira historiens et membres de la famille à la fin du mois d'août prochain. Guy FOURRE, pour sa part, s'attache à dresser le tableau des ascendants et des nombreux descendants de l'illustre serviteur de la monarchie espagnole, né le 25 juillet 1753 et fusillé à Buenos-Ayres le 26 août 1810.

 

Il retrace d'abord, à l'aide de tableaux généalogiques, l'ascendance de Jacques de Liniers dont la famille tire son nom du fief de Liniers dans l'actuelle commune de Moutiers sous Argenton, famille dont une branche s'installe dès le XIVe siècle au château de Saint-Pompain. Le grand-père, écuyer, seigneur de Saint-Pompain devenu veuf, se remarie avec Marie Avice. Leur fils, Jean-Joseph, né en 1723, épouse en 1748 Marie-Thérèse de Brémond qui lui donne neuf enfants. D'abord installé dans l'hôtel particulier qu'il fait construire à Niort, Jean-Joseph devenu veuf et dont la fortune a considérablement diminué, achève sa vie dans son domaine du Grand-Breuil, non loin de Mauzé sur le Mignon. Si son fils aîné après avoir fréquenté Versailles se lance, alors qu'il est émigré, dans des entreprises peu fructueuses, le cadet, Jacques, connaît une carrière prestigieuse avant de périr tragiquement.

 

Le conférencier dresse ensuite le tableau de la descendance qu'il illustre de nombreuses photos et agrémente de quelques piquantes anecdotes. D'un premier mariage, Jacques de Liniers a deux enfants; d'un second, il en a sept autres. Trois seulement auront une postérité: Maria del Carmen, née en 1792, à l'origine de la branche argentine, forte aujourd'hui de 1 500 personnes; Joseph, né en 1798, marié en 1823 à Olympe de Pont-Jarno, ancêtre de la branche française qui compte 2 500 membres, dont un millier vivent aujourd'hui au Canada; Maria Thérésa Muguero qui est à l'origine de la branche espagnole forte de 500 membres au début du XXIe siècle. Ces trois lignées comptent de nombreux hommes politiques, serviteurs de l'Etat, officiers, financiers, patrons de presse, etc... et quelques membres pittoresques comme Jean de Liniers qui fut éleveur de moutons en Patagionie avant de revenir s'installer au château de Pont-Jarno.

 

En conclusion, Guy FOURRE rappelle l'existence de l'association "Mémoire de Liniers" qui regroupe aujourd'hui un très grand nombre de descendants du vice-roi.

Michel Montoux

 

Mercredi 16 juin 2010.

Maurice MOINARD

« Inauguration et cinquantenaire de la Caisse régionale de crédit agricole des Deux-Sèvres. »

 

Le conférencier commence par projeter un film tourné en 1955 lors de l'inauguration du siège de la caisse régionale, rue du 14 juillet, à Niort. Il rappelle ensuite que la loi autorisant la création de caisses locales remonte au 5 novembre 1894 et  que la caisse régionale des Deux-Sèvres est née en 1903 sous l'impulsion du député Disleau qui en devient le premier président. Il énumère ensuite les sièges successifs: Chambre de Commerce, Hôtel de la Roulière, domicile du président Nicolas, rue du Pilori (1921), rue Yvers (1924) et rue du 14 juillet. En 1977, devenu trop petit le siège sera transféré dans un nouvel immeuble, avenue de La Rochelle.

 

Monsieur MOINARD retrace ensuite la carrière de trois acteurs majeurs du monde agricole, émaillant son propos de nombreuses et savoureuses anecdotes.

 

Xavier Bernard (1873-1966). Né à Saint-Sauvant (Vienne), il reprend à Paris un petit négoce de grains qu'il développe en sélectionnant les meilleures semences partout dans le monde. Envoyé en mission à Casablanca en 1916, il entre au service de Lyautey qui l'incite à mettre des terres en valeur. Commence alors un rapide essor de ses affaires: il devient propriétaire de grands domaines au Maroc, puis en Poitou et construit une importante fortune. Après la Seconde Guerre mondiale, il fait don à l'Etat d'une forte somme et de son domaine de Venours dans la Vienne où s'ouvre une école d'agriculture, aujourd'hui lycée agricole. Il crée aussi une fondation distribuant des bourses à des élèves. En 1952, il entre à l'Académie d'agriculture.

 

Louis Tardy (1875-1961). Né dans une famille modeste de Coulon, il effectue de brillantes études et devient ingénieur agronome. En 1898, il est rapporteur de la section agricole du Musée social et trois ans plus tard, participe à la création de la Caisse régionale de crédit agricole d'Ile-de-France dont il devient le premier directeur. Entré au ministère de l'Agriculture en 1904, il multiplie les études et les rapports et, en 1945, revenu dans les Deux-Sèvres, devient président de la caisse régionale et maire de Coulon.

 

André Cramois (1900-  ?  ). Natif lui aussi de Coulon, il devient ingénieur électricien, épouse la fille de Louis Tardy et entre au Crédit agricole dont il gravit rapidement les marches jusqu'à devenir directeur général. Remercié en 1963, il entre au Conseil d'Etat. Il cumule de nombreuses présidences d'organismes relevant du monde agricole et rédige plusieurs ouvrages pour développer ses idées sur la mutualité dont il est un partisan affirmé.

Michel Montoux

 

Mercredi 15 septembre 2010

Eric ROUSEEAU

« L'industrie mulassière poitevine. »

 

Après avoir rappelé que le mulet est le résultat du croisement d'un âne et d'une jument et qu'il est apparu très tôt en Asie, monsieur Eric ROUSSEAUX précise que le mulet du Poitou est issu du croisement du baudet local et de la jument de trait poitevine mulassière. Il se propose ensuite d'examiner chacune de ces espèces puis de retracer les étapes menant de l'industrie mulassière à la conservation de la mule poitevine.

 

Le baudet du Poitou, décrit dès 1777 dans un mémoire publié par le Conseil du roi, serait comme ses congénères espagnols et portugais une relique de populations asines anciennes. Jacques Bujault en définit en 1845 le standard qui est plus tard précisé par le stud-book : taille moyenne du mâle, 1,40 à 1,50 m, pesant de 320 à 430 kg;  taille de la femelle de 1,35 à 1,45 m.

 

Le trait poitevin mulassier tirerait sa morphologie de son élevage dans le Marais. Il aurait été croisé avec des chevaux hollandais au XVII ème siècle puis avec quelques étalons anglais et normands au siècle suivant et des étalons percherons, boulonnais et surtout bretons au XIX ème. Son standard, décrit par Bujault en 1850, est ensuite précisé par le stud-book : taille de 1,65 à 1,70 m pour un poids de 750 kg pour l'étalon; taille de 1,55 à 1,65 m pour la jument, la couleur de la robe pouvant varier.

 

L'industrie mulassière est une spécificité du Poitou. Florissante au XVII ème siècle, elle devient très importante au XVIII ème et connaît son apogée au siècle suivant : on produit 18 000 mules au cours de l'année 1867 qui sont largement exportées vers le Midi, l'Italie, l'Espagne et jusqu'en Inde, en Argentine et en Algérie. A la fin du siècle, 160 ateliers, dont 94 dans le seul département des Deux-Sèvres, produisent de 15 à 20 000 mules chaque année. Cette prospérité entraîne la création en juin 1884 du stud-book à l'instigation du Docteur Deniau, vétérinaire à La Crèche, puis, en 1901, celle du syndicat d'élevage des animaux mulassiers du Poitou. Mais le déclin amorcé au début du siècle passé s'accentue un peu pendant l'entre-deux-guerres malgré une active exportation vers les Etats-Unis et s'accélère après 1950 lorsque l'agriculture se mécanise et que l'élevage des vaches laitières s'avère plus rentable que celle du cheval.

 

L'espèce s'étant réduite à 20 baudets mâles et 24 ânesses en 1977, une réaction s'amorce afin de la sauvegarder: décidée en 1979, l'asinerie de Dampierre-sur-Boutonne ouvre ses portes trois ans plus tard. L'acquisition d'ânesses portugaises et une pratique rigoureuse des croisements permettent de reconstituer un cheptel qui se monte à 232 animaux dès 1992; en 2007 on recense 419 ânesses et 85 étalons pour 294 juments de trait poitevin et 44 étalons. La création de l'UPR en 2000, remplacé par un nouvel organisme en 2007, l'aide des pouvoirs publics, la participation au Salon de l'agriculture et à diverses manifestations contribuent à la renaissance d'une activité très ancienne que stimulent la création en 2002 de l'appellation officielle "mule poitevine" et celle de centres de dressage facilitant la vente. 

 

Michel Montoux

 

Mercredi 20 octobre 2010.

Michel LEVEQUE:

« Histoire du pôle universitaire de Niort des années soixante-dix à nos jours. »

 

Si aujourd'hui le pôle universitaire de Niort est bien vivant et accueille près de 1000 étudiants venus non seulement de toute la France mais aussi de vingt-six pays étrangers, sa genèse n'a pas été des plus aisée comme le conférencier se plaît à le rappeler.

 

L'idée d'un enseignement post-secondaire à Niort est à mettre au crédit de Paul Despilho, inspecteur d'académie, voilà plus de quarante ans. Le rectorat de Poitiers se montra alors réticent et il fallut attendre le vote de la loi Jacques Delors en 1971 pour que puisse naître l'ASFODEP, organisme associant professeurs et professionnels, grâce au soutien de La MAIF, de la MACIF, de la MAAF et de Groupama, qui peut former trois promotions.

 

Après une dizaine d'années de pressions exercées tant par la Ville que par les mutuelles, l'IAE démarre sous la tutelle de la faculté de droit poitevine. En dépit de l'opposition du gouvernement et de l'université de Poitiers, le maire Bernard Bellec soutient la création de l'ISEUP puis le soutien financier du conseil général permet de créer l'ADEST qui ne survit pas à sa mise en cause par la chambre régionale des comptes en 1995.

 

Prenant  appui sur le décret Pasqua, le maire demande alors la création d'une université thématique  mais il faut qu'un comité de parrainage puis un comité de pilotage mettent en évidence l'absence de formation d'actuaires dans la région alors que la demande des mutuelles est forte pour que la situation se débloque et rapidement la formation à la gestion des risques donnée à Niort devient une référence. Est alors créé l'AURA présidée successivement par Messieurs Vandier et Bellot.

 

Le 23 juillet 1999 c'est la reconnaissance de la création du futur pôle et l'approbation de celle de l'IRIAF.

 

Le 31 août 2001, un décret crée l'Institut des risques. Toutes les formations données jusqu'alors au quartier Duguesclin sont regroupées sur le site verdoyant de Noron et aujourd'hui le pôle universitaire niortais (le P.U.N.) qui s'est imposé grâce à l'action opiniâtre des pouvoirs publics locaux et des universitaires concernés se compose d'un I.U.T. qui comprend trois départements, de l'IRIAF qui en possède deux et de l'IAE, certaines filières conduisant jusqu'au master, voire au doctorat.

 

Monsieur Lévêque termine sa communication en évoquant les diverses activités impulsées par l'Aura et celles dont elle est partie prenante telles que la Farandole, le cercle Pierre Moinot, le Printemps de poètes, les rencontres Allende... et présente deux ouvrages consacrés au P.U.N. et aux mutuelles niortaises.

 

Michel Montoux

 

Mercredi 17 novembre 2010

Patrick BRANGER:

« La géologie régionale à la lumière des connaissances du XIXe siècle. »

 

Après avoir montré les différents procédés utilisés pour représenter le temps de la géologie, le conférencier rappelle l'histoire de la géologie régionale en insistant sur l'importance des travaux menés au XIXe siècle en particulier par des ingénieurs des mines comme de Cressac et Manes puis par Fournel, Cacarié et Le Touzé de Longuemar; d'autres travaux sont conduits par des érudits tels Baugier et Sauzé puis par des universitaires tels Welsch, Mathieu ou Gabilly.

 

Monsieur Branger illustre ensuite par une série de cartes les rapports qui unissent géologie, relief et hydrographie puis, toujours à l'aide de cartes et de photos particulièrement claires, brosse une histoire géologique de notre région dont l'aspect évolue fortement du protérozoïque à l'ère quaternaire, chaque étage étant marqué par l'apparition, l'évolution ou la disparition sous les eaux des différentes zones.

 

Michel Montoux

 

Mercredi 15 décembre 2010

Gwenaël MURPHY

« Une croyance populaire au XVIIIe siècle, la légende de saint Fort à Tourtenay. »

 

Après avoir précisé dans quelles circonstances il a découvert aux archives municipales de Thouars un document relatif aux visites pastorales effectuées par l'archiprêtre de 1725 à 1730, monsieur Murphy présente d'abord le petit village de Tourtenay qui compte seulement 160 feux en 1750 mais dont l'existence est attestée dès le XIIe siècle puis évoque saint Fort qui appartient à ces saints invoqués en raison de leur nom: on priait saint Fort pour qu'il donne la santé et une plus grande robustesse aux enfants "débiles". Le tombeau du saint dans l'église paroissiale est accompagné d'une sculpture montrant deux femmes présentant leurs enfants afin qu'ils soient guéris.

 

La question est de savoir si ce saint a vraiment existé. Il est mentionné dans trois régions: à Bordeaux où il est confondu avec saint Seurin, en Saintonge où il s'agit en réalité de saint Fortunat et aux confins du Poitou et de l'Anjou où il s'agirait d'un abbé de Bourgueuil ou d'un moine de Saint-Jouin venu à Tourtenay où il serait décédé.

 

L'Eglise ne valide son culte qu'en 1626, dans le cadre de la Contre-Réforme mais, plus assurée de sa force au siècle suivant, elle cherche à savoir si ce culte est réellement justifié. C'est dans ce but que l'évêque de Poitiers missionne l'archiprêtre de Thouars pour que, dans le cadre de ses visites pastorales, il enquête à Tourtenay. Dans cette paroisse, la dernière qu'il visite en 1730, l'archiprêtre après avoir fait ouvrir le tombeau qui contient quelques restes, interroge les fidèles afin de se faire une opinion: cinq témoignages de miracles lui paraissent fiables et l'évêque, au vu de son rapport, le 16 juin 1730, reconnaît le culte à cause de son ancienneté mais, s'il autorise les prières, il interdit qu'on dise les offices devant le tombeau. A une époque de grande dévotion, la fin du XIXe siècle, le curé de la paroisse fait apposer en 1895 une plaque où figure une inscription reprenant partiellement les décisions de l'évêque. Au siècle suivant le culte perd de son importance avant de disparaître complètement.

 

Michel Montoux