Page La société ; Programme 2007

 

Le Programme

 

Résumés des communications de l’année 2007

 

Mercredi 21 novembre 2007

Monsieur Moinard

« Enterrement civil à Coulon au début du 20ème siècle. »

 

« Ernest GRELARD, militant socialiste, libre-penseur, décédé en 1904  à Coulon, fut enterré à l'église par son cousin curé.

 

« 1904. La discussion de la loi de Séparation des Eglises et de l'Etat qui sera adoptée et promulguée l'année suivante attise les rivalités qui opposent cléricaux partisans du statu-quo et anti-cléricaux désireux de mettre fin aux dispositions du Concordat.

 

Dans le Marais poitevin, à Coulon, les agissements d'un petit groupe de socialistes et de libres penseurs exaspèrent ses adversaires. Le décès de l'un d'entre eux, le menuisier Ernest GRELARD, donne l'occasion à ces derniers de marquer un point. Socialiste convaincu, ami d'Henri de La Porte, Grelard a manifesté à maintes reprises son désir d'avoir des obsèques civiles, mais la mort qui le frappe à 37 ans, le 12 septembre, ne lui laisse pas le temps de mettre ses volontés par écrit. Son cousin, le curé de la paroisse Pascal Chartier, en profite pour lui organiser des obsèques religieuses, ce qui déclenche une vive polémique relayée par la presse. Louis Perceau, en particulier, dresse le portrait d'un pur militant et, dans une ballade vengeresse, ridiculise le curé-brocanteur. Le 2 octobre, un long cortège de socialistes et de libres penseurs deux-sévriens se rend sur sa tombe pour y déposer coquelicots et immortelles rouges.

 

L'animosité des cléricaux à l'égard de Grelard s'était déjà manifestée deux ans plus tôt: une rumeur insistante l'accusait d'être avec ses amis l'auteur de plusieurs incendies touchant alors la région. Le 4 août, le maire de Coulon, avait dispersé une réunion du petit groupe et fait condamner l'un des membres présents, Paul Soulisse, coupable d'avoir brandi un drapeau rouge. Une jeune fille, Blanche Goichon, avait même été accusée d'avoir incendié la maison de Grelard. Jugée à Niort, elle avait été brillamment défendue par Me Mercier qui avait rappelé l'erreur judiciaire dont avaient été victimes, cinquante ans plus tôt, l'instituteur Pierre Vaud et le cordonnier Petit injustement accusés d'avoir commis de semblables méfaits et condamnés aux travaux forcés à perpétuité. La jeune fille avait été acquittée mais on ne sut jamais qui avait allumé les incendies.

 

Ces deux faits, accusations infondées et non respect par une famille cléricale des dernières volontés d'un libre penseur, témoignent donc des antagonismes politiques et religieux qui existaient au début du XXème siècle au sein de la population. »