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Programme 2007
Le Programme
Résumés des communications de l’année
2007
« Enterrement civil à Coulon au début du 20ème siècle. »
« Ernest GRELARD, militant
socialiste, libre-penseur, décédé en 1904
à Coulon, fut enterré à l'église par son cousin curé.
« 1904. La discussion de la loi
de Séparation des Eglises et de l'Etat qui sera adoptée et promulguée l'année
suivante attise les rivalités qui opposent cléricaux partisans du statu-quo et
anti-cléricaux désireux de mettre fin aux dispositions du Concordat.
Dans le Marais poitevin, à Coulon, les agissements d'un
petit groupe de socialistes et de libres penseurs exaspèrent ses adversaires.
Le décès de l'un d'entre eux, le menuisier Ernest GRELARD, donne l'occasion à
ces derniers de marquer un point. Socialiste convaincu, ami d'Henri de La
Porte, Grelard a manifesté à maintes reprises son désir d'avoir des obsèques
civiles, mais la mort qui le frappe à 37 ans, le 12 septembre, ne lui
laisse pas le temps de mettre ses volontés par écrit. Son cousin, le curé de la
paroisse Pascal Chartier, en profite pour lui organiser des obsèques
religieuses, ce qui déclenche une vive polémique relayée par la presse. Louis
Perceau, en particulier, dresse le portrait d'un pur militant et, dans une ballade
vengeresse, ridiculise le curé-brocanteur. Le 2 octobre, un long cortège de
socialistes et de libres penseurs deux-sévriens se rend sur sa tombe pour y
déposer coquelicots et immortelles rouges.
L'animosité des cléricaux à l'égard
de Grelard s'était déjà manifestée deux ans plus tôt: une rumeur insistante
l'accusait d'être avec ses amis l'auteur de plusieurs incendies touchant alors
la région. Le 4 août, le maire de Coulon, avait dispersé une réunion du petit
groupe et fait condamner l'un des membres présents, Paul Soulisse, coupable
d'avoir brandi un drapeau rouge. Une jeune fille, Blanche Goichon, avait même
été accusée d'avoir incendié la maison de Grelard. Jugée à Niort, elle avait
été brillamment défendue par Me Mercier qui avait rappelé l'erreur judiciaire
dont avaient été victimes, cinquante ans plus tôt, l'instituteur Pierre Vaud et
le cordonnier Petit injustement accusés d'avoir commis de semblables méfaits et
condamnés aux travaux forcés à perpétuité. La jeune fille avait été acquittée
mais on ne sut jamais qui avait allumé les incendies.
Ces deux faits, accusations infondées et non respect par
une famille cléricale des dernières volontés d'un libre penseur, témoignent
donc des antagonismes politiques et religieux qui existaient au début du XXème
siècle au sein de la population. »

