Département des Deux-Sèvres
Qualité des eaux superficielles
vis-à-vis des produits
phytosanitaires
années
2000 à 2006
Les produits phytosanitaires, éléments de
synthèse destinés à lutter contre
les organismes nuisibles, sont utilisés en quantité importante,
principalement en agriculture mais aussi par les services
techniques des villes, pour l’entretien de la voirie,
des voies ferrées… et par les particuliers
(jardinage).

Leur transfert vers les eaux dépend de nombreux
paramètres : des propriétés de la
substance (solubilité, dégradation), des
caractéristiques des sols, des pratiques de l’utilisateur,
du paysage… De plus chaque substance présente
des propriétés différentes en terme
d’impacts sur le milieu biologique. Certains peuvent être
très néfastes pour la vie aquatique (carbofuran,
carbendazime) alors que d’autres semblent avoir des
effets moindres comme l’aminotriazole.

Tous les cours d’eau suivis sont concernés
par la présence de produits phytosanitaires. Quelques
disparités sont à noter, liées à l’assolement
et la nature des sols et du sous-sol. Les rivières
s’écoulant sur des formations peu perméables
comme la Sèvre Nantaise, le Thouet et l’Argenton
sont globalement plus dégradées que la Boutonne.
Sur l’ensemble des 17 points de suivi, 63 molécules ont été retrouvées
au moins une fois. Les transferts les plus importants
(quantité et
diversité des substances) sont observés à la suite
des traitements et des premières pluies. Les molécules les
plus souvent retrouvées sont principalement des herbicides.
- • le désherbage du maïs :
- Avant son interdiction en 2003, l’atrazine et son produit
de dégradation l’atrazine déséthyl étaient
retrouvées systématiquement sur tous les points de
suivi. Depuis 2004, ces deux molécules sont détectées
de moins en moins fréquemment et les teneurs mesurées
diminuent.
- Des résidus d’autres molécules utilisées
pour désherber le maïs sont mis en évidence au
printemps (métolachlore ou S-métolachlore, alachlore,
bentazone…
- • les traitements généraux en zones agricoles
et non agricoles:
- Pour le glyphosate, désherbant dont l'emploi est très
répandu en zones agricoles et non agricoles et l’AMPA
(métabolite du glyphosate), la contamination des eaux superficielles
est généralisée : présence sur une majorité des
points et à toute période de l’année, avec
des concentrations souvent élevées (glyphosate à 0.69 µg/L
sur la Sèvre Nantaise à Cerizay en août 2006 et
AMPA à 5,2 µg/L sur la Dive du Nord en septembre 2006).
- Pour le diuron, désherbant utilisé en zone non agricole
et cultures pérennes, les concentrations mesurées peuvent être à l’origine
de déclassements en « qualité moyenne ».
Le maximum a été observé sur le Chambon à St-Lin
avec 4.5µg/L en avril 2005 entraînant un déclassement
en « qualité médiocre ». Deux produits de
dégradation du diuron ont été mis en évidence
plus particulièrement sur le bassin du Thouet et de la Sèvre
Nantaise.
- L’aminotriazole, herbicide aussi utilisé pour les cultures
pérennes et les zones non agricoles est retrouvé dans
les eaux du Thouet, de l’Argenton et de la Sèvre Nantaise.
- Le métaldéhyde utilisé sur toutes cultures
au moment du semis pour la destruction des limaces et escargots, dont
certaines spécialités sont utilisées en zones
non agricoles, est retrouvé plus occasionnellement.
- Divers herbicides :
- La terbuthylazine et la simazine, triazines aujourd’hui
interdites, étaient utilisées pour l’entretien
des sols viticoles et des vergers.
Sur l’ensemble des analyses
2000-2006, la simazine est la molécule qui déclasse
le plus souvent en « qualité moyenne », mais
la situation s’améliore nettement puisqu’en
2005 seulement deux quantifications
ont été observées.
En 2006 aucune de ces deux molécules n’a été retrouvée.
- L’isoproturon utilisé pour le désherbage
des céréales d’hiver est spécifiquement
retrouvé à cette période entre novembre et
mars, les concentrations mesurées peuvent entraîner
un déclassement en « qualité moyenne ».
- Le diflufenicanil est régulièrement quantifié sur
le Thouet à St-Loup-Lamairé à des valeurs
proches de son seuil de quantification.
Les prélèvements réalisés après un épisode
pluvieux conséquent peuvent révéler des transferts
très importants de substances actives, avec parfois, la détection
d’insecticides (carbofuran, deltaméthrine), de fongicides (carbendazime,
fenpropidine), néfastes pour la vie aquatique.
- sur la Dive à St-Just-sur-Dive, la qualité médiocre
mesurée en 2000, 2001 et 2003 est due à des pics de carbendazime
(fongicide).
- la station du Thouet à St-Loup-Lamairé est classée
en qualité médiocre en raison de la présence de carbofuran
(insecticide) en octobre 2000, de fenpropidine (fongicide) en juillet
2001, de carbendazime en juillet 2003, novembre 2003 et mai 2004.
- en aval de l’agglomération de Niort, c’est
la présence de carbofuran en octobre 2002, de simazine
(herbicide) en juillet 2003 et de carbendazime en novembre 2003,
qui déclasse
la Sèvre Niortaise en qualité médiocre.
- en aval du bassin de la Sèvre Niortaise à Charron,
c’est le carbofuran qui déclasse en qualité mauvaise
en mai 2001.
- sur la Boutonne, le carbofuran et la deltaméthrine (deux insecticides)
sont à l’origine du déclassement en qualité médiocre
du prélèvement de mai 2001.
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